Il est important de fixer des objectifs au long terme précis. Pour cela, nous reprenons les critères utilisés pour définir un système éducatif indépendant et flexible:
-revaloriser les bibliothèques, les établissements scolaires et les ressources en ligne
-assurer la disponibilité de ces ressources dans le temps et l’espace
-créer un cadre légal et économique favorable à la limitation du temps de travail et à la relocalisation
-créer une gouvernance propice au suivi de projets sur le longs termes et fondée sur une vision émancipatrice de l’éducation
-mettre au point un réseau de mise en lien entre les apprenants et les pédagogues
-mettre en place des formations continues pour démocratiser les sciences de l’éducation
-impliquer les parents dans l’éducation, notamment en approfondissant les politiques déjà en place comme le REAAP (Réseaux d’Écoute, d’Appui et d’Accompagnement des Parents), le CLAS (Contrats Locaux d’Accompagnement à la Scolarité), le LAEP (Lieux d’Accueil Enfants Parents), le HCFEA (Haut Conseil à la Famille / l’Enfance / l’Age) ou la Médiation familiale
-offrir des environnements d’apprentissage riches d’un point de vue conatif, sensoriel, affectif et intellectuel (expériences holistiques =learning by doing)
-partir de l’apprenant (flexibilité du contenu)
-proposer des suggestions de thèmes à découvrir en fonction du développement psycho-moteur des apprenants
-garantir la liberté d’accéder à des sources d’informations diversifiées et promouvoir la recherche indépendante
-diminuer l’importance des certifications officielles: reconnaître les apprentissages informels (développer des outils pour valider ces compétences, que ce soit via des portfolios ou des projets individuels ou collectifs plutôt que des examens standardisés).
-assurer une indépendance des financements en revalorisant les ressources existantes, créant des réseaux d’échanges de services, attirant les mécènes, favorisant les réseaux d’entraide locaux.
À partir de ces objectifs long-terme, il s’agit de définir des sous-objectifs à moyen et court terme.
Ivan Illich nous rappelle que "seule une génération qui aura grandi sans l’école obligatoire pourra recréer l’université". Notre imagination et nos ressources étant limitées, soyons réalistes dans l’attente des résultats. Visons des objectifs atteignables, progressifs, et assumons notre responsabilité à notre échelle, malgré la difficulté de la tâche: "La dé-scolarisation de l’éducation dépend de la volonté de ceux qui furent élevés dans les écoles, et leurs diplômes ne leur serviront à rien dans cette tâche : chacun d’entre nous demeure responsable de ce qui a été fait de lui, même s'il ne peut rien faire d'autre que d'accepter cette responsabilité et de servir d’avertissement à autrui."
Pour Alexandre Serres (2008), il faut différencier les contradictions insolubles et consubstantielles aux questions éducatives, des «défis secondaires, qui pourraient être atténués voire résolus. [...] Un immense potentiel de créativité, de création, d’invention, d’usages avancés de l’information et de ses outils, s’offre à nous et il est urgent pour l’école de s’en emparer. Ce qui implique de troquer le « discours de l’adaptation » pour celui de « l’invention ».